Pour la première fois, l’Afrique occupe une place permanente au sein du G20, une avancée majeure marquée par l’intégration de l’Union africaine en septembre 2023. À l’occasion du sommet des 18 et 19 novembre 2024 à Rio de Janeiro , les regards se tournent vers le continent, désormais en mesure d’influencer les politiques mondiales sur des enjeux cruciaux tels que la dette, le climat, les inégalités et la fiscalité internationale.
Plaidoyer pour une transition énergétique équitable
Dans un contexte où le G20 représente 85 % du PIB mondial et les deux niveaux de la population globale, l’Afrique entend s’imposer comme un acteur clé. Le sommet est une plateforme stratégique pour appeler à des investissements accumulés dans le secteur énergétique africain, indispensable à la transition énergétique mondiale. La question de la dette, particulièrement pesante pour les économies africaines, sera également au centre des discussions.
Vers une présidence africaine du G20
Selon le communiqué parvenu à notre Rédaction, ce sommet ouvre la voie à un moment historique : la présidence du G20 par l’Afrique du Sud en 2025, une première sur le sol africain. Sous le thème « Favoriser la solidarité, l’égalité et le développement durable » , cette présidence s’attaquera aux défis de la pauvreté, du chômage et des inégalités, en ligne avec l’Agenda 2063 de l’Union africaine.
Jason Braganza, directeur exécutif d’AFRODAD, souligne l’urgence de réformes profondes dans l’architecture financière mondiale, affirmant que l’Afrique doit passer du statut de simple bénéficiaire à celui de faiseur de règles.
Une mobilisation pour la justice climatique
Face aux impacts croissants du changement climatique, le financement climatique équitable et abordable est une priorité. Pour Magalie Masamba, Senior Fellow de l’African Debt Justice Network, les pays africains doivent pouvoir investir dans des infrastructures résilientes sans aggraver le fardeau de la dette. Une approche fondée sur les subventions et l’allègement de la dette est essentielle pour garantir une croissance durable.
Lutte contre les inégalités et la fiscalité internationale
L’Union africaine, nouveau membre du G20, portera une résolution sur la coopération fiscale internationale, en partenariat avec les Nations Unies. Cette initiative vise à réformer un système financier perçu comme inéquitable envers les économies africaines, notamment par des mesures contre les flux financiers illicites et les régimes de taxe sur le carbone qui fragilisent leurs exportations.
Un avenir à bâtir
Alors que le G20 s’apprête à être dirigé par l’Afrique du Sud, ce moment marque une étape décisive pour que le continent s’affirme dans l’élaboration des politiques mondiales. « L’adhésion à part entière de l’Union africaine est une avancée stratégique pour faire entendre la voix de l’Afrique sur la scène internationale », conclut Mavis Owusu-Gyamfi, présidente de l’ACET.
Ce sommet est plus qu’un rendez-vous diplomatique : il symbolise une nouvelle ère où l’Afrique, forte de sa diversité et de ses ambitions, entend contribuer activement à relever les défis globaux tout en construisant un avenir durable pour ses populations.