L’As-Actuellement, pas moins de 5 maires sont entre les liens de la détention. Ces exécutifs locaux ont été arrêtés pour divers chefs d’inculpation. Mais ces arrestations lèventle voile sur la vulnérabilité de l’élu local quine bénéficie d’aucune forme d’immunité à l’instar du député, du ministre ou chef de l’état.
Des communes orphelines de leurs maires. C’est le quotidien de plusieurs collectivités au Sénégal. En effet, pour divers chefs d’accusation, les exécutifs locaux ont été envoyés en prison. À Ziguinchor, la municipalité est tenue depuis plusieurs mois par les conseillers municipaux. Et pour cause. Le maire est en prison depuis le 28 juillet dernier. Un mois jour pour jour.
Le maire de Ziguinchor a été interpellé à son domicile à Dakar. Ousmane Sonko a été mis aux arrêts pour « vol de téléphone » et « appel à l’insurrection ». Au lendemain de son arrestation, le procureur de la République a tenu un point de presse pour lever toute équivoque sur l’arrestation du principal opposant au régime en place. Alors que le maire de Ziguinchor est en garde à vue, le maître des poursuites a indiqué qu’il sera poursuivi pour appel à l’insurrection, association de malfaiteurs, atteinte à la sûreté de l’État, complot contre l’autorité de l’État, actes et manœuvres à compromettre la sécurité publique et à créer des troubles politiques graves, association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste, mais également vol.
Mais après son face-à-face avec le procureur, Ousmane Sonko a vu un nouveau chef d’inculpation se greffer à son dossier. D’ailleurs, à l’issue de son audition, le Procureur Abdou Karim Diop a placé le maire de Ziguinchor sous mandat de dépôt.
Depuis lors, il est envoyé à la prison de Sébikotane avant d’être transféré au pavillon spécial de l’hôpital Principal de Dakar pour des soins à cause de sa diète entamée depuis son placement sous mandat de dépôt pour dénoncer son arrestation.
Peu de jours après l’arrestation de son leader politique, la mairesse de Patte d’oie a été également arrêtée. Maimouna Dièye est poursuivie, au même titre qu’Ousmane Sonko, pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, organisation d’un mouvement insurrectionnel, actes ou manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique ou à causer des troubles politiques graves, provocation directe d’un attroupement armé ».
D’ailleurs, suite à son face-à-face avec le procureur, elle a été placée sous mandat de dépôt. Toutefois, la mairesse de Patte d’oie a bénéficié d’une liberté provisoire hier, après une dégradation de son état de santé.
La commune des Parcelles Assainies, en banlieue dakaroise, vit également la même situation. L’édile de la ville a été arrêté depuis bientôt un mois. Djamil Sané est poursuivi « pour participation à un mouvement insurrectionnel et acte et manœuvre de nature à compromettre la sécurité publique ». Depuis, il est placé sous mandat de dépôt.
Même atmosphère à la commune de Sangalkam. Le maire de ladite commune est suspecté d’avoir aidé l’avocat franco-espagnol d’Ousmane Sonko à fouler le sol sénégalais alors qu’il était dans le collimateur de la justice sénégalaise.
Suite à son face-à-face avec le juge du deuxième cabinet, Mamadou Seck, Alpha Bocar Khouma dit Pape Sow a été inculpé pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste et actes et manœuvres de nature à compromettre la sécurité publique » avant d’être placé sous mandat de dépôt. Arrêté depuis mars, le maire de Keur Massar Sud, Mouhamed BilalDiatta est placé sous mandat de dépôt.
Il est poursuivi pour atteinte à la sûreté de l’Etat. Depuis lors, Mouhamed Bilal Diatta est en détention à la maison d’arrêt et de correction de Rebeuss, laissant sa commune orpheline.
Dans une autre affaire mais avec des relents similaires, Thiaroye-sur-mer est depuis le 18 août sans maire. El Mamadou Ndiaye a été placé sous mandat de dépôt. Le maire issu des rangs de Taxawu Senegaal est impliqué dans une affaire d’escroquerie portant sur la somme de 3 milliards de francs CFA.
Toutes ces arrestations ne sont pas sans conséquence sur le fonctionnement normal des municipalités concernées. Mais audelà, il faut relever une absence de juridiction qui protège l’exécutif local. Il est plus difficile d’enfermer un député car bénéficiant d’une immunité parlementaire. C’est le cas aussi pour un ministre avec des préalables à satisfaire avant d’enclencher l’action judiciaire.
En tout cas, c’est moins le cas pour les maires qui sont pourtant élus au suffrage universel à l’image du chef de l’État qui, d’ailleurs, ne peut être poursuivi que pour haute trahison avec une seule disposition quasi-impossible. Ce n’est pas encore une préoccupation pour les associations des élus locaux
L’As