La récente décision du ministère du commerce d’attribuer les autorisations d’importations du sucre à seulement cinq entreprises suscite de vives inquiétudes . Même si cette mesure semble être une phase test, elle pourrait créer un monopole et perturber la distribution et l’approvisionnement du marché en sucre surtout à un moment crucial à l’approche du ramadan.
Des risques de monopole et déséquilibre dans la distribution du produit et des conséquences pour l’approvisionnement du marché
La limitation de l’importation à un petit groupe d’acteurs expose le marché à plusieurs dangers :
Une situation de monopole déguisé risque de s’installer avec seulement cinq entreprises détenant le contrôle des importations, la concurrence pourrait s’affaiblir, donnant à ces acteurs le pouvoir de dicter les conditions du marché.
Un accès inégal au sucre : La population s’approvisionne principalement auprès des petits commerçants. Or, ces mêmes grossistes contrôlent également la plupart des points de vente au détail, ce qui pourrait priver les circuits informels et les zones rurales d’un approvisionnement suffisant.
Une fragilisation du marché : Dépendre d’un nombre restreint d’importateurs pourrait perturber la fluidité de la distribution et accentuer les inégalités d’accès au produit.
Une situation critique à l’approche du ramadan
Le Ramadan est une période de forte consommation de sucre. Cette mesure pourrait donc :
Provoquer une raréfaction artificielle : En concentrant l’approvisionnement, le risque de pénuries organisées augmente, alimentant l’inquiétude des consommateurs.
Faire grimper les prix : Une perception de pénurie, réelle ou exagérée, pourrait justifier une augmentation des prix, impactant le pouvoir d’achat des ménages, en particulier les plus modestes.
Fragiliser les petits commerçants : Écartés de la chaîne d’approvisionnement, ils pourraient avoir du mal à satisfaire la demande croissante.
La mise en place d’un mécanisme de régulation et de subvention est indispensable pur éviter tout déséquilibre
Pour éviter ces déséquilibres, plusieurs questions doivent être posées :
Le sucre est-il subventionné ? Si oui, il faut garantir que cette aide profite aux consommateurs et non aux seuls importateurs.
Un contrôle des prix est-il en place ? Sans régulation, la concentration du marché et la forte demande pourraient entraîner une flambée des prix aux conséquences sociales graves.
Il serait intéressant de prévoir des solutions pour éviter toute forme de crise liée à cette décision.
Pour assurer un accès équitable au sucre et stabiliser le marché, plusieurs mesures sont à envisager :
Diversifier les importateurs : Accorder des autorisations à un plus grand nombre d’opérateurs pour maintenir une concurrence saine.
Transparence dans l’attribution des DIPA : Publier les critères d’octroi pour éviter tout soupçon de favoritisme.
Contrôler les prix et la distribution : Mettre en place des mécanismes de surveillance pour empêcher les hausses abusives et prévenir toute forme de spéculation.
Investir dans la production locale : À moyen et long terme, développer la filière locale afin de réduire la dépendance aux importations.
La décision du ministère du Commerce pourrait avoir des conséquences lourdes sur le marché du sucre, en créant un quasi-monopole et en augmentant le risque de hausses des prix. À l’approche du Ramadan, période de forte demande, il est crucial de revoir cette stratégie pour garantir un accès équitable à ce produit essentiel.
Pour éviter une crise, la mise en place de règles de transparence, d’un contrôle strict des prix et d’une ouverture à plus d’importateurs est indispensable. Enfin, investir dans la production locale représente une solution durable pour stabiliser le marché et assurer une autosuffisance à long terme.
Par Jules Souleymane Sène