Le gouvernement des États-Unis d’Amérique, à travers le département d’État, a publié la semaine dernière, un rapport accablant sur la situation des droits de l’homme et de la démocratie au Sénégal et en Guinée Conakry. Joe Biden et ses services pointent une mauvaise note pour ses deux homologues de l’Afrique de l’Ouest. Et ce, au moment où Sall et Alpha se livrent à un différend à fleuret moucheté.
Le guinéen a fermé sa frontière avec le Sénégal plus de cinq mois durant et promet au premier Sénégalais de «s’engager à œuvrer de concert avec Macky Sall pour le renforcement des liens d’amitié et de fraternité unissant Conakry et Dakar», dans un message à la veille de la 61ème fête d’indépendance du Sénégal.
Cependant, il n’à point échappé aux américains que le Sénégal et la Guinée sont un peu désorganisés et exsangues tout en vivant un climat de violence qui risque de dégénérer d’un moment à l’autre.
En interpellant Sall et Condé, les «Yankee» invitent la classe politique de ces deux pays frontaliers à s’engager dans une course contre la montre destinée à remettre les pendules à l’heure de la démocratie et de l’État de droit. Dieu sait que l’administration Biden a les moyens, autre que la force militaire, de plier les deux «guerriers» ouest-africains par le resserrement des budgets alloués aux projets de développement, à la sécurité, au soutien des politiques publiques, etc.
Quid de la dictature des marchés ?
Tenter d’ignorer ces faits et cette réalité ou reporter la réflexion sur les conséquences pour nos pays constitue l’équivalent moderne de la fuite œdipienne. Avec Biden à la Maison Blanche les questions sont désormais, entre autres, de savoir quelle sera la première puissance mondiale dans quatre ans, que restera-t-il de la liberté, quelle place pour les LGBT dans les pays en voie de développement où la religion a une prédominance sur la société… ?
Les États-Unis, c’est 22 % du PIB mondial contre 17% pour la Chine. Ces deux pays cumulent presque 40% du PIB mondial et exercent de ce fait une domination dans les règles et les mœurs des échanges internationaux.
Macky Sall et Alpha Condé auront-ils assez de poigne pour faire montre d’une attitude politique de contenance de la volonté américaine ?
Nos David ont bien sûr les chances de battre Goliath, mais les premiers n’ont même pas une fronde. Il serait illusoire donc pour remettre à plus tard les réformes indispensables pour s’aligner à la volonté américaine d’instaurer la démocratie et le respect des droits des citoyens. Alpha et Macky n’ont plus le choix. Ils doivent miser sur l’énergie et la foi que donne le retour à l’État de droit, à la liberté, à la responsabilité et à la dignité.
24 heures