À l’occasion de la journée « Octobre Rose et Novembre Bleu », organisée à Diamniadio, la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Amy Mara Dièye, a mis en lumière les difficultés financières et sociales qui entravent la prise en charge des cancers. Elle plaide pour un accompagnement durable des patientes, afin que le dépistage débouche sur des soins effectifs.
La sensibilisation au dépistage du cancer ne saurait suffire si les femmes ne disposent pas des moyens nécessaires pour poursuivre leur parcours médical. Selon Sud Quotidien, c’est le message central porté par la ministre des Pêches et de l’Économie maritime, Amy Mara Dièye, lors de la journée « Octobre Rose et Novembre Bleu », organisée à l’Auditorium Ousmane Tanor Dieng de Diamniadio.
Devant ses collaboratrices, des transformatrices de produits halieutiques et des mareyeuses, la ministre a attiré l’attention sur les difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses femmes lorsqu’elles doivent faire face aux dépenses liées au diagnostic et au traitement du cancer.
Pour illustrer cette réalité, elle a évoqué le cas d’une femme qui découvre une boule dans son sein, trouve le courage de consulter un médecin, puis se retrouve confrontée au coût des examens prescrits.
« Et cette consultation, qui devrait être une urgence médicale, devient une recherche d’argent. Et pendant que la famille cherche l’argent, la maladie, elle, n’attend pas », a-t-elle souligné, selon Sud Quotidien.
Au-delà de la première consultation, le parcours de soins peut rapidement devenir un fardeau pour les femmes disposant de revenus modestes, notamment celles qui évoluent dans le secteur informel. Les frais de transport, les examens complémentaires, les pertes de revenus liées aux absences professionnelles et les éventuels déplacements loin du domicile constituent autant de charges susceptibles de compromettre la poursuite des soins.
Face à cette situation, Amy Mara Dièye a soulevé une question fondamentale : quelle portée donner aux campagnes de sensibilisation si les femmes, après avoir franchi le pas du dépistage, ne peuvent pas financer les examens nécessaires à leur prise en charge ?
Pour la ministre, la lutte contre le cancer doit donc dépasser le cadre de l’information et de la prévention. Elle doit également intégrer les mécanismes permettant aux patientes d’accéder aux soins et de poursuivre leur traitement sans être contraintes d’y renoncer pour des raisons financières.
« L’accès au diagnostic et la continuité des soins doivent être une priorité. Nos efforts doivent aider les femmes à aller jusqu’au bout des démarches nécessaires, depuis la première consultation jusqu’à la prise en charge complète dont elles ont besoin », a-t-elle insisté.
Son plaidoyer met ainsi en évidence la nécessité d’une solidarité concrète et durable envers les personnes confrontées à la maladie. Il s’agit notamment de faire en sorte que les contraintes économiques ne constituent pas un obstacle à la prise en charge médicale et que les familles ne soient pas obligées d’arbitrer entre les dépenses essentielles du quotidien et les frais de santé.
En conclusion, Amy Mara Dièye a lancé un appel en faveur d’un accompagnement global des malades, rappelant qu’aucune femme ne devrait se retrouver seule face à une ordonnance qu’elle n’a pas les moyens de payer. Un message qui replace la continuité des soins au cœur des enjeux de la lutte contre le cancer.

