Le FMI a récemment suspendu son programme (2023-2026) avec le Sénégal après avoir constaté une falsification des chiffres sur ́la dette et le deficit budgétaire entre 2019 et 2024.
Le FMI avait-il mal diagnostiqué le Sénégal ? Le Sénégal a-t-il caché des informations pour gagner la confiance du FMI pour signer l’accord ?
Dans tous les cas, c’est l’asymétrie d’information qui est à la base.
✍️ Le problème des professions d’expert
Lorsqu’un mécanicien vous annonce une panne qui n’existe pas, tout en sachant que vous n’avez pas l’expertise de le contredire, on est en présence d’un problème de professions d’expert. Vous serez disposé à payer plus cher lorsque vous êtes inquiet !
C’est aussi le cas lorsqu’un médecin (FMI) demande à un patient (Sénégal) de faire un type de scanner qui n’existe que dans sa clinique (programmes du FMI : MEC, FEC, FRD) alors que son vrai état de santé ne le nécessite pas. Il y a eu plusieurs consultations antérieures (nombreuses missions du FMI à Dakar) à la prescription.
Si, malgré tout, le médecin finit par accuser le malade de cacher des pathologies, faut-il changer le scanner ou suspendre le traitement ?
✍️ La sélection adverse
Si le Sénégal a caché des informations (sur la dette) au FMI pour amener l’institution à signer un accord avec lui, on est en présence de sélection adverse. Même dans ce cas on peut se demander comment tout cela a pu échapper aux experts du FMI (il faut changer de scanner). Si c’est après la signature de l’accord que le Sénégal a commencé à cacher son comportement, il s’agit d’aléa moral et au lieu de suspendre le traitement il faut l’adapter a la nouvelle situation.
Une approche interprétative de la situation pourrait aboutir à une amnistie pour le Sénégal, si l’on sait que c’est notre pays (le patient) qui a décidé de donner au médecin (FMI) sa vraie situation sanitaire. En effet, il n’existe pas de secret médical puisqu’après chaque consultation (mission du FMI), le bulletin de santé, embelli par erreur médicale, est rendu public par un communiqué.
En définitive, l’on est plus proche de la thèse du problème des professions d’expert.
Pr Abou Kane
FASEG/UCAD