Un réseau international spécialisé dans le trafic de diverses drogues dures, importées de la France, a été démantelé par les limiers de l’Ocrtis. Cerveau présumé de cette mafia à Dakar, le Français Biggy a été perdu par une livraison surveillée de haschich, skunk et autres pilules d’ecstasy, à l’Aibd.
Lundi 27 mars dernier, des éléments de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), à bord de leur fourgonnette, débarquent à proximité de la cave du tribunal de Dakar, avec un groupuscule de mis en cause. Dans ce lot de justiciables déférés au parquet de Dakar, figure un citoyen français. Rudy JohnB. Z. Goumbetti, ce natif de la ville de Melun (France) est notoirement connu des milieux interlopes «huppés» de la capitale sénégalaise sous le pseudo de Biggy.
Établi à Dakar depuis quelques années, il est parvenu à se tisser un éventail d’amis composés de personnalités de divers secteurs d’activités, mais aussi de célébrités de la place. Un maillage qu’il va fidéliser autour d’un intense trafic de drogues importées de France. Discret, Biggy qui passe pour un homme d’affaires influent, va fructifier son business à la faveur d’un portefeuille clients de luxe étoffé. Toutefois, son activité criminelle va tomber dans l’oreille des éléments infiltrés de l’Ocrtis.
La division opération de cette entité décide d’y voir plus clair. Un dispositif d’intervention et de surveillance est mis en place à l’aéroport international Blaise Diagne (Aibd) et sur deux autres sites fréquentés par la cible filée de jour comme de nuit.
Dans le même temps, les enquêteurs, recoupant des renseignements fournis par leurs éléments de l’ombre et la coopération inter-police, ont la confirmation de l’arrivée imminente d’un colis suspect en provenance de Paris et dont le destinataire n’est autre que Biggy.
L’arrivée dudit colis prévue le 22 mars dernier, le chef de la division opérationnelle met en branle son dispositif posté à l’Aibd. Seulement Biggy, en fin caïd, ne se présente pas à l’aéroport. Il mandate un de ses lieutenants, A.Th. alias Momo, un bijoutier qui passe pour un conducteur de moto Jakarta. Ignorant que ses moindres faits et gestes sont surveillés par les limiers en civil de l’Ocrtis, Momo récupère le colis qu’il va livrer à son mentor établi dans une villa à la Sicap Liberté 2. C’est alors que le dispositif d’intervention passe à l’assaut. Biggy et son lieutenant Momo sont appréhendés. La perquisition des lieux a conduit à la saisie d’un colis contenant 89 boulettes de haschisch, 1 kilogramme de haschich constitué de 10 plaquettes de 100 unités, 50 pilules d’ecstasy de marque «Panama».
Les limiers découvrent aussi un ensemble de matériels de culture hydroponique d’une variété de drogue, «Skunk», 7 capsules contenant des graines de cette drogue et une vingtaine de pots servant à la culture de drogues.
Les enquêteurs vont aussi découvrir sur Momo 15 boulettes de haschich qu’il va reconnaître sans ambages la paternité. Né le 24 décembre 1984 à Melun (France), Biggy est identifié sous le nom de Rudy John B. Z. Goumbetti. Franco-centrafricain, Biggy et son acolyte sénégalais sont placés en position de garde à vue, pour association de malfaiteurs, détention et trafic international de haschich, tentative de culture de «skunk», trafic d’ecstasy et blanchiment de capitaux
L’Obs