Elle illustre non seulement les défis internes de la RDC mais aussi les implications régionales et internationales d’un conflit prolongé. Il est impératif que les élites politiques africaines et mondiales agissent rapidement pour éviter que cette tragédie ne s’aggrave davantage. La paix durable passe par une réponse coordonnée qui combine pression diplomatique, aide humanitaire accrue et résolution des causes profondes du conflit.
Le drame insoutenable au Kivu : une crise humanitaire et sécuritaire majeure
Depuis plusieurs semaines, l’est de la République démocratique du Congo (RDC) est le théâtre d’une intensification dramatique des combats entre les forces armées congolaises (FARDC) et le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda. Ces affrontements, concentrés autour de Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, plongent la région dans une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent.
Un conflit enraciné dans des tensions géopolitiques.
Le conflit actuel s’inscrit dans un contexte de tensions historiques entre la RDC et le Rwanda. Kinshasa accuse Kigali de soutenir activement le M23 pour s’emparer des ressources naturelles de l’est congolais, ce que le Rwanda dément. Depuis début janvier 2025, les rebelles ont pris le contrôle de plusieurs localités stratégiques, notamment Masisi et Sake, et encerclent désormais Goma. Cette ville d’un million d’habitants abrite également des centaines de milliers de déplacés fuyant les violences.
Une catastrophe humanitaire en cours.
Les conséquences humanitaires sont catastrophiques. Plus de 400 000 personnes ont été déplacées depuis janvier 2025, portant à 4,6 millions le nombre total de déplacés internes dans la région. Ces populations vulnérables vivent dans des conditions précaires, sans accès suffisant à l’eau, à la nourriture ou aux soins médicaux. Les infrastructures locales sont saturées : les hôpitaux débordent et les réseaux d’électricité et d’eau sont gravement endommagés.
Les violences touchent particulièrement les civils : bombardements aveugles, violences sexuelles, exécutions sommaires et recrutements forcés sont monnaie courante. La situation est aggravée par l’insécurité qui entrave l’accès humanitaire et par un sous-financement chronique des efforts d’aide internationale.
L’escalade militaire et diplomatique.
Sur le terrain, les combats s’intensifient avec l’implication directe de troupes rwandaises aux côtés du M23. Kinshasa a rappelé ses diplomates à Kigali et accuse le Rwanda d’avoir « déclaré la guerre ». En réponse, Kigali affirme adopter une posture défensive face à ce qu’il considère comme des menaces sécuritaires.
Les efforts diplomatiques pour résoudre la crise ont jusqu’ici échoué. L’accord de cessez-le-feu signé en juillet 2024 a été rompu, et les médiations sous l’égide de l’Angola n’ont pas abouti. Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné les actions du M23 et appelé au retrait immédiat des forces étrangères tout en exhortant à une reprise des pourparlers entre la RDC et le Rwanda.
Un appel urgent à l’action internationale.
Face à cette tragédie humaine et sécuritaire, plusieurs acteurs internationaux, dont l’Union africaine, ont appelé à une cessation immédiate des hostilités. Cependant, ces appels restent largement ignorés sur le terrain.
CS Sy