Mbour et des localités de petite côte, zone de départ des migrants vers l’El Dorado Européen, ont payé un lourd tribut de ce phénomène. Même si depuis un certains, il n’est plus fait cas de départ ou d’arrestation de candidats ou convoyeurs
ournée internationale des migrants est célébrée, ce vendredi 18 décembre 2018. Une occasion pour revenir sur le phénomène de l’émigration clandestine dont la petite côte, zone de départ de migrants, a souffert ces derniers mois. Les plaies de l’émigration clandestine par voie maritime vers les Iles Canaries restent béantes et difficiles à cicatriser.
La Petite Côte est encore sous le choc et en deuil, suite à des dizaines ou des centaines de bras valides, hommes et femmes, jeunes et adultes, engloutis dans l’océan. Un retour sur les vagues de départ vers l’émigration clandestine s’impose. L’odyssée «Barça ou Barsakh» est un drame. La Petite Côte est le foyer prisé de la «mafia» organisée autour de l’émigration clandestine. Les départs sont organisés par des courtiers, passeurs et autres intermédiaires, comme s’ils vendaient de petits pains.
Personne n’a pu circonscrire de manière évidente les causes de cette catastrophe aux conséquences multiples. Des professionnels du monde de la pêche ont été de l’aventure macabre. Des diplômés des écoles supérieures ou des universités ont été également tentés par l’aventure périlleuse.
Des ados ont pris le risque, pour en périr. Bref, l’attrait de la migration clandestine est devenu un mal du pays ou des terroirs, de la zone du littoral mais aussi de l’hinterland. L’accalmie s’est installée ces derniers jours dans la Petite Côte. Les actions des Forces de sécurité, les accidents en mer faisant des morts par centaines, l’arrestation des convoyeurs et courtiers, mais aussi les effets de la campagne de sensibilisation contre le phénomène ont-ils fait des effets ?
Quid de la combinaison de ces faits aux actions de la Direction générale de l’entreprenariat rapide des femmes et des jeunes (DER) ? Une chose est sure, c’est que bon nombre de candidats malheureux rapatriés de la Mauritanie, après naufrage de leurs embarcations, ont bénéficié de financements ou de matériels de pêche. Certains jurent de ne plus s’aventurer à braver la mer pour aller aux Iles Canaries (Espagne). Ce tableau sombre est digne d’une profonde introspection. Si de manière concrète on n’a pas eu une cause unique directe de la migration, l’émigration clandestine est devenue un miroir, une chimère de haute portée.
L’histoire nous apprend que l’homme est tenté par l’inconnu et l’animal est attiré toujours par d’autres prairies. Il est dit : «l’herbe est toujours plus verte ailleurs». Les migrations à travers le temps s’expliquent par des raisons sécuritaires, alimentaires et même politiques
Sud Quotidien