Partie 2 : L’état Est Si Important Pour Ne Jamais Etre Abandonné Au Seul Jeu De La Société Politique.
- L’engagement.( la motivation à l’engagement Chap.1, p.128-158)
Il est arrivé le temps de l’engagement de la société civile, parmi ses expressions les plus pertinentes pour la systémique du développement, à côté et dans l’Etat. Pour l’Afrique, les jeunes doivent être aux avants postes pour la marche vers 2050. (p.7)
L’intérêt national doit être porté par et sur des idées, moins sur des personnes. (p.8)L’expérience s’acquiert aussi à partir de l’expérience des autres. Elle a une dimension théorique et pratique. La marge de dépaysement est faible.
L’expérience handicapée par l’âgeSi la sagesse est le propre des anciens, une jeunesse sage devient objet d’attraction. Elle devient capable de surprise.L’expérience ne conditionne pas le service« nous sommes tous africains, au plus précis des sénégalais, mais ça ne marche pas. Ni entre nous, ni chez nous. » Nous devons donner de la valeur au service et ne pas s’enorgueillir de notre niveau d’érudition technique et scientifique qui nous donne un statut dominant. Attention ! Nous sommes en définitive certain d’une chose et à tout point de vue : il faut mettre fin au sous-développement.(p.12)
- S’engager dans une approche utile et universelle de l’espace public
Au risque de se répéter pour crédibiliser l’engagement citoyen chez un homme de science, il faut lui offrir l’espace public et non la citoyenneté puisque celle-ci est dévaluatrice d`un principe sacro-saint de la science qui est l`universalité. Donc le scientifique souscrit exclusivement à une approche utile et universelle de l’espace public. Il n’est pas exclusivement contenu dans l’espace pays puisqu’il est interpellé par des exigences universelles.
Des risques de libération des énergies pour l’engagement existent et sont multiples : le risque de politisation de l’université et de sa syndicalisation : Source d’activisme pour la course à la gouvernance du Sénégal, le risque de politisation des organisations sociales associatives, la politisation du Genre par la parité. Au-delà des risques, il y a l’étape principale qui est l’expérience électorale.
- Gare au danger électoral (chap.2,p.159-186).
Même si l’élection au scrutin majoritaire n’est pas démocratique – car la rationalité collective n’existe pas -il faut jouer le jeu.
La dualité post-électorale survient très souvent dans nos pays. Le vote l’a créé et l’idéologie de gouvernance la reproduit. Il y a une fragilité institutionnelle de la règle majoritaire à la suite de la non considération d’une minorité ou du refus de celle-ci de reconnaitre la légitimité de la majorité. Donc, attention aux orgueils post électoralistes.
Le dialogue socio- politique doit être une instance institutionnalisée dans l’agenda de la république au même titre que les élections municipale, législative et présidentielle ou le 1er mai (fête du travail) ou la semaine de la jeunesse. Il faut toujours aller au dialogue. Il est dieu, donc incontournable.La participation au dialogue politique n’est jamais un cadeau empoisonné pour le peuple. Toute réélection exige le dialogue politique. Malheureusement le Sénégal souffre de sa faiblesse en culture du dialogue politique. En effet, la valeur du dialogue politique se trouve dans le sens que l’on donne au dédommagement de la minorité. Sur quoi doit principalement porter le dialogue national ? Au menu du dialogue, il faut toujours mettre la priorité sur les référents sociaux institutionnels comme instruments à la construction de l’espace politique. Par exemple la constitution qui est un référent normatif à fixité rationnelle doit être respectée sans condition. Demeurer dans l’esprit de la constitution porte un sens et fait inéluctablement culture. C’est pour cette raison que la revendication du M23 en 2012 « ne touche pas à ma constitution » est une question culturelle. La loi doit avoir une légitimité populaire pour assurer sa fonction sociale. Si elle est récusée, il va y avoir un dysfonctionnement social. La société civile est souvent interpellée pour arbitrer les tensions et encadrer tout dialogue entre pouvoir et opposition, qui sont les deux foyers politiquement responsables face aux crises sociales.
Quant à l’instrumentalisation de la violence dans l’espace politique, il faut raisonner les acteurs politiques.
- Abdoulaye Wade est un cas d’école pour la politique au Sénégal (chap.3,p.187-213).
En cherchant à recueillir l’opinion de l’homme de la rue sur la réélection en 2007 au Sénégal du président Wade et ses priorités, nous décrivons dans ce chapitre les résultats d’une agrégation de vox populi sur la responsabilité présidentielle post- électorale. Il y a eu un choc des priorités post- présidentielles qui se sont inscrites entre attentes populaires et un bras de fer – pouvoir contre opposition – qui ne s’estompe jamais. Rappelons que Me Wade a eu sa propre opposition nationale qu’il a officiellement reconnue à côté de l’opposition naturelle laquelle a organisé des assises nationales.
1°). Sénégal 2005 : Cinq ans après la première alternance du Sénégal, un bilan prometteur malgré le « Joola» (p.187)
On gouverne par les chiffres. Il est par conséquent facile de justifier un bilan. Il s’agit pour nous de mettre le doigt sur un bilan qualitatif c’est-à-dire sur la satisfaction apportée dans chaque secteur aux populations ciblées. La responsabilité économique et sociale de l’autorité publique voire de l’Etat s’incarne dans le fait politique consensuel et s’articule autour du relèvement du niveau de vie.
Sénégal 2007 : Abdoulaye Wade s’est attaqué à l’opposition dès sa première sortie après sa réélection présidentielle. (p.190)
Que pouvons-nous penser des premières sorties de maître Wade au lendemain de sa reconduction au pouvoir sur la façon dont il va aborder son nouveau quinquennat notamment ses priorités socio-économiques et les nouvelles relations qu’il compte développer avec l’opposition politique locale ? Ses attaques malheureuses contre l’opposition (naturelle et spontanée) ont porté sur des mises en garde. Le livre expose un chapelet de propos extraits de nos entretiens de 2007 avec des citoyens sénégalais.
Sénégal 2007 : Les attentes populaires post présidentielles : autour de l’éducation, de la santé, de la gouvernance. (p.193)
Au moment où Wade se préoccupe de son bras de fer avec son opposition qui ne voulait pas reconnaître sa réélection à la présidence de la république, il y avait des attentes surgies de manière spontanée pour le nouveau gouvernement qu’il envisage de mettre sur pied pour débuter son dernier mandat. Le livre présente à nouveau quelques résultats d’entretien de 2007.
Sénégal 2007. – Abdoulaye Wade demande aux jeunes de le suivre (p.194)
C’est sur une invite que le chef de l’Etat a conclu son discours à la nation, à la veille du 04 avril 2007, jour où le Sénégal boucle ses quarante-sept années d’indépendance face à la présence coloniale. En effet, les jeunes sont lesprincipaux destinataires de ce geste. Mais ils vont partager la priorité de son dernier quinquennat avec les femmes.
Sénégal 2007 – Le boycott : le retour à l’adversité politique et les prémisses du boycott historique de l’opposition à l’élection législative de 2007. (p.196)
Alors que le démarrage de la campagne pour les législatives est prévu pour le 13 mai de l’année 2007, la situation n’a pas encore évoluée en faveur d’une reprise de dialogue entre le pouvoir et l’opposition malgré les nombreuses tentatives de certains acteurs politiques et civils, sans compter l’appel à la concertation de l’opposition à son adversaire du pouvoir. Il est important de faire une lecture de cette ambiance politique d’époque.
L’opposition refuse toujours de reconnaître la victoire de ce dernier. Pour certains, en adressant une lettre au chef de l’Etat, Ousmane TanorDieng, Moustapha Niasse, Abdoulaye Bathily et Cie ont reconnu la victoire de Me Wade.« Même s’ils ne le félicitent pas, ils admettent que Abdoulaye Wade est le président de la République depuis qu’il a été installé par le Conseil constitutionnel ». Ils ont en effet, adressé une lettre à Abdoulaye Wade en tant que président de la République.
AmathDansokho a invité le président de la République à restaurer le dialogue autour du processus électoral. C’est le seul gage de surseoir au boycott des prochaines joutes législatives. Si le chef de l’Etat est d’accord pour discuter, l’opposition ira aux élections.
L’opposition refuse d’aller aux élections avec les conditions édictées par Abdoulaye Wade. Mais si le pouvoir et l’opposition tombent d’accord sur les règles du jeu, il n’y a pas lieu de maintenir un projet de boycott actif.
Reconnaissons que le séisme de la démocratie sénégalaise ne s’améliore pas s’il y a du boycott. Nous sommes partisans de l’anti-boycott.Les élections sont conduites le 3 Juin 2007 et tant pis pour l’opposition. A notre avis, c’est la mort politique pour certains partis.
Par ailleurs, ce n’est pas normal pour un président de la république de battre campagne pour son parti alors que c’est lui-même qui organise les élections. Ce n’est pas conforme à la démocratie. Sans Wade le PDS ne peut rien gagner. Hormis la campagne en faveur de son parti, il est en train de faire une bonne politique de récupération chez les adversaires politiques. Il bouleverse la vie interne des autres partis. Après le parti Rewmi de Idrissa Seck, c’est au tour de l’AFP de se plaindre de dissidence
Wade doit trouver les moyens de répondre aux appels de désespoir émis par les populations, au lieu de se préoccuper de la manière dont il devrait déstabiliser les partis et remporter les législatives. Décidément, il ne pense qu’à cela, il prend du plaisir à créer des adversités politiques. Il y a un ras-le-bol général chez les populations. Elles peuvent se révolter à tout moment face à un gouvernement qui pense que la politique est une fin en soi et que les dossiers prioritaires peuvent encore attendre.
Sénégal 2007. L’abstention électorale : record battu aux législatives, depuis l’existence du Sénégal(p.201)
Sept ans après l’alternance réussie en 2000 et moins de trois mois après le triomphe du président de la République Abdoulaye Wade au scrutin présidentiel de février 2007, les Sénégalais se sont détournés des urnes de façon massive. C’est une défaite dans le camp libéral, qui par la voix de MackySall, premier ministre a soutenu au début de sa campagne, « que dans cette élection, le principal enjeu demeure le taux de participation ». Il s’est agi de plus de 70% de l’électorat, donc 80% de la population sénégalaise qui n’a pas voté. Il est certain qu’il y a un malaise sociopolitique.
Le livre donne information des réactions sur ces résultats qui ont été le fait d’une faible participation populaire.
Sénégal 2009 : Discours politique, économique et social de Wade – le Sénégal se cherchait encore. (p.205)
Au seuil du nouvel an 2009, le président sénégalais s’est livré à une randonnée sociale en s’appuyant sur la conjoncture mondiale pour édifier le peuple sur les origines de la crise qui le malmène au quotidien. A bien comprendre sa pensée, la généralisation des prix des produits alimentaires qui a influé sur le prix du pétrole ne pouvait se présenter autrement pour le Sénégal.
Outre le fait qu’il a été constaté et reconnu des erreurs internes de pilotage comme étant le facteur déterminant dans l’accumulation vertigineuse d’une dette intérieure qui a asphyxié certaines artères de l’économie nationale, nous soutenons que le Sénégal, en perspective, se cherche dans sa politique économique. Ce qui devrait amener le gouvernement à plus de concertation scientifique et politique.
Sénégal 2011, un 19 mars, date anniversaire de l’alternance démocratique : Au menu des noceurs de l’alternance et des frustrés des noces, un peuple naïf à la pensée mécanique roulé à la foule folle. (p.210)
A la veille de la date anniversaire du 19 mars 2000 devenue historique pour le Sénégal, l’émotion gagne les cœurs qui ont attendu ce moment pour s’exprimer tant du côté du pouvoir que de celui de l’opposition. La confusion gagne l’espace public. D’aucuns politisent le non politiquement sensé et versent dans l’absurde.
D’autres pour sauvegarder des intérêts économiques au terme d’une âpre bataille contre le régime convergent vers le 19 mars et rallient des voix autour de leur personne. Toutefois, il est clair qu’il faudrait s’accorder sur le fait qu’à ce niveaude l’évolution socio- économique du pays seul un bilan des onze années d’exercice étatique du régime de l’alternance démocratique mérite d’être réclamé en faveur du peuple. Au moment où les responsabilités devront être situées, il faudra alors demander des comptes aux gens qui ne sacrifient pas à leur devoir citoyen. Manifestement le 19 mars devient de plus en plus le prolongement de la bataille entre une opposition qui cherche à battre aux élections le régime en place et à éviter à tout prix que celui-ci se pérennise au pouvoir car il souhaite y rester pour 50 ans minimum.
Biographie
Pascal Oudiane est docteur en sociologie de l’université Gaston Berger de Saint- Louis au Sénégal. Il enseigne la sociologie générale à l’UFR -SJP de l’UGB. Il enseigne aussi les organisations, le management et la méthodologie à Bordeaux Ecole management (BEM). Ses enseignements s’étendent à la section de sociologie de l’UVS du Sénégal pour le panafricanisme, l’économie et l’intégration sous-régionale en enfin l’Afrique dans la mondialisation. Pascal OUDIANE est consultant en politique publique. Il travaille également dans les instances associatives de développement et se réclame de la société civile. Fondateur de l’association Socialinnov et membre de plateforme citoyenne, membre fondateur de l’association Sénégal Ca Kaw ca Kanam, le sociologue lance le projet GSP (Gouvernance Sans parti) qui porte le programme PRASEM (pôle régionaux à vocation sociale, économique et de mobilisation politique).