En optant d’entretenir l’avenir politique de ses poulains à ses propres désidérata, voire son projet politique personnel, le patron de l’Apr ouvre la voie à toutes sortes de résistance et les élections locales qui se profilent risquent de creuser davantage l’union dans le rang de ses partisans. Une faute stratégique du Président Macky Sall qui cherche à noyer le poisson.
Déjà que le parti présidentiel souffre d’une structuration légale, quand l’avenir politique n’offre aucune lisibilité, les destins individuels s’expriment naturellement et le réflexe de survie aidant, les plus proches collaborateurs se voient obliger à des plans B.
Entre l’option du patron du parti de taire les divergences pour des choix stratégiques et politiques, la guerre des ambitions foule toutes les règles de préséance.
De discipline de parti n’en parlons plus. A moins de 180 jours de ces échéances décisives, comme une armée mexicaine, le parti au pouvoir, en solo, la coalition politique en berne, se tue à petits feux.
Des ténors veulent se positionner et de jeunes loups lorgnent la succession et la théorie de l’alternance générationnelle est un piège qui risque de précipiter la perte de l’APR. Dans cette hypocrisie politique où ceux qui roulent pour le Président Macky Sall n’ont aucune lisibilité sur les projections politiques du mentor qui se complaint dans un silence bruyant, surtout par rapport au mandat polémique, l’intelligence politique voudrait qu’on assurât ses arrières. Et, partout à travers le pays, les signaux sont clairs sur les risques de rupture, de clivage et de division pour ces échéances.
La bataille de la capitale reste stratégique. Le ministre Chef de cabinet du chef de l’Etat, Mame Mbaye Niang, ne s’aventure pas sur la question pour des effets de manche.
Quand le fin politicien et proche collaborateur du chef de l’Etat rompt le silence sur ses visées pour la Mairie de Dakar, c’est que cela va dans tous les sens dans le camp présidentiel.
Macky Sall, qui a réitéré récemment sa directive à l’endroit de ses lieutenants pour une remise des intentions et visées politiques se voit, aujourd’hui, obliger de trancher des différents profonds.
D’autant que choisir, c’est sanctionner, les listes parallèles ne manqueront pas de rajouter au désordre préjudiciable sur le plan électoral. Tous les motifs seront de mise pour se faire une place au soleil et la nature ayant horreur du vide, ceux qui sont comptables de la gestion de Macky Sall, durant ses deux mandats, ont bien raison d’assurer leurs arrières. Qui sait de quoi demain sera fait !
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