Le Soleil-Á la suite de la recrudescence des agressions et violences basées sur le genre, la responsable du Centre d’écoute et d’orientation des victimes de Kaolack, Ndèye Diagne, a déploré vigoureusement ces dérives. Elle invite les victimes à dénoncer leurs bourreaux.
– La responsable du Centre d’écoute et d’orientation des victimes de l’Association pour la promotion de la femme sénégalaise (Aprofes), Ndèye Diagne, au cours d’un point de presse, hier, à Kaolack, a déploré « une surenchère macabre » des cas de violences basées sur le genre dans la région.
La dernière en date, at-elle rappelé, est le cas de Adjara Dramé, 46 ans, mère de deux enfants, qui a été froidement poignardée par son mari, Mady Cissé, 54 ans, chauffeur, domicilié au quartier Sara Bana, dans la commune de Mbadakhoune, département de Guinguinéo.
Le Centre d’écoute et d’orientation des victimes basé à Kaolack est aujourd’hui un lieu de refuge pour les survivantes de ces types d’agressions. « Ce centre d’écoute que nous avons mis en place depuis bientôt 20 ans encourage les victimes et leurs proches à rompre l’omerta qui entoure ces crimes à cause des préjugés socioculturels. Elles bénéficient de soutiens psychosocial, médical et judiciaire. Une protection de nature à les encourager dans leur volonté de dénoncer leurs bourreaux », a expliqué Ndèye Diagne.
Le centre qui ne désemplit pas, reçoit 24 heures sur 24 des victimes et des membres de leurs familles dans le désarroi. Évoquant l’affaire qui défraie la chronique à Mbadakhoune, Ndèye Diagne a révélé que des parents du meurtrier de Adjara Drame, tuée à coups de couteau par son mari, invoquent la démence de son bourreau.
Un avis qui est loin d’être partagé par les organisations de défense des droits des femmes. Ces dernières comptent introduire une demande de marche de protestation auprès du préfet de Kaolack.
« Après une légère accalmie, les agressions contre les femmes et les filles reprennent de plus belle. Il est nécessaire que la justice puisse sévir sévèrement pour sanctionner de tels crimes », a plaidé Mme Diagne. Celle-ci a réitéré la demande des organisations féminines de pouvoir se constituer partie civile le cas échéant.
Le Soleil