L’inter coalition Yewwi Wallu a été une grande réussite de l’opposition sénégalaise. Pour la première fois dans l’histoire politique du Sénégal, un parti au pouvoir a été minorisé jusqu’à perdre la majorité absolue à l’Assemblée Nationale. Face à cette situation de décadence, Macky est contraint de faire un remaniement ministériel. Pris entre l’enclume et marteau, le chef de l’Etat s’adonne à un exercice à haut risque dans une coalition ou les ambitions des leaders sont démesurées. Le Mandat
S’il y a une entité gagnante lors des législatives, c’est bien le Parti démocratique sénégalais. Ce parti en lambeaux qui a perdu ses ténors dont la plupart ont rejoint le camp de BBY pour y trouver refuge après les poursuites judiciaires pour des crimes économiques et/ou des prestiges du pouvoir, renaît de ses cendres.
Après s’être rendu compte que le temps où il drainait les foules est révolu, le pape du sopi a fait volte-face pour s’approcher de Yewwi ce qui lui a permis d’obtenir 24 députés à la 14ième législature.
Grâce à cette entente à la veille des élections, le plan Déthié Fall mandataire national de la coalition Yewwi Askan Wi a été mis en branle. Ainsi, à cause de cette stratégie, Macky et son régime ont connu une déroute. La coalition Benno Bokk Yaakaar a connu une défaite cuisante dans les grandes villes, les capitales départementales et les cités religieuses. *
Excepté Matam, Ranerou, Podor, Kédougou, la déferlante Yewwi-Wallu n’a laissé aucune chance au régime apériste dont les ténors ont été défaits dans leurs communes et leurs bureaux de vote. Même si les résultats au niveau des départements ne posent aucun problème, les voix obtenues dans certaines zones rurales pour grignoter dans la liste nationale sont un sérieux problème qui met au défi notre démocratie.
Dans cette victoire à l’arrachée où la quasi-totalité des ténors de l’APR et de BBY ont été défaits, le chef de l’Etat est contraint de faire un remaniement ministériel. La redistribution des cartes constitue un grand danger pour la mouvance présidentielle. Entre frustration et déception, certains leaders risquent d’entrer dans la rébellion.
Macky Sall Et L’instinct De Survie
Plus Macky Sall s’approche de 2024, plus il se rend compte de la solitude de la perte du pouvoir. Les résultats des législatives montrent que le BBY qui était autrefois une véritable machine de guerre électorale n’est devenu rien d’autre qu’un géant aux pieds d’argile.
Ainsi, il doit s’attendre à des fronts voire des cassures aussi bien de la coalition Benno book yakar qu’au sein de son propre parti politique: alliance pour la république (APR) qui a l’allure d’un mouvement politique. L’AFP avec 2 députés, le parti socialiste avec 5 députés, le rewmi sans député ni maire sont devenus des caisses à résonnance ou des fardeaux lourds pour certains ténors de l’APR qui accusent les alliés de leurs porter poisse et de s’accaparer les postes séniors.
Bientôt ce sera le remaniement, Macky semble être envahi par un dilemme car s’il sanctionne les vaincus il fera le vide autour de lui et les personnes qui lui sont proches devront s’éloigner. Parmi ces ténors on peut citer Aliou Ndoye, Seydou Gueye, Abdou Karim Fofana, Amadou Ba, Abdoulaye Diouf Sarr, Amadou Hott, Lat Diop, Yancoba Diattara, Moustapha Diop, Benoît Sambou, Doudou Ka, Aminata Touré, Mansour Faye, Abdoulaye Baldé etc.
Dans ces conditions, l’actuel chef de l’Etat perdra une bonne partie de ses compagnons qui soit vont quitter la barque marron et beige soit vont geler leurs activités en ruminant leur colère dans leur coin. Même si Macky a anticipé sur le comportement de ses hommes en procédant à des contrôles de leur gestion puis en y mettant le coude sur les rapports qu’il utilise comme épée de Damoclès, il pourrait bien punir les récalcitrants en cas de rébellion interne.
Quant aux alliés devenus des poids plume qui n’existent que par leur passé glorieuse, parce que n’ayant plus de base politique, ne comptent pas tout de même rendre le tablier. Les écarter des délices du pouvoir serait synonyme de les envoyer vers l’opposition où ils seraient virulents. En cette veille de remaniement, le président Macky Sall est conscient qu’il va faire face à deux types de fronts en interne: son parti et les alliés de la mouvance.
Aujourd’hui, le chef de l’Etat est sur le fil du rasoir où les risques sont énormes. Malgré les laudateurs et troubadours qui l’entourent et le caressent dans le sens du poil, il devra être prêt à faire face à deux fronts internes qui peuvent être plus destructeurs que des attaques venant de l’opposition. Dans ces circonstances, Macky sera affaibli soit par une tentative de briguer un troisième mandat où il fera face à l’opposition, la société civile, le peuple mais aussi des alliés et camarades qui vont le lâcher soit par un dauphin qui va imploser le BBY et même l’APR