Scandale du rapport de la Cour des comptes : Une arme redoutable entre les mains de Sonko et Cie

Le président de la République séjourne depuis le 26 de ce mois de décembre dans le Sénégal oriental. Cependant son retour dans la capitale du pays à la veille de la fin de cette année pourrait bien entacher les acquis avec lesquels il reviendra. Car le concert que concocte contre lui et son régime pourrait non seulement le forcer à se boucher les oreilles, mais également se résoudre à lever « son « coude » du rapport de la Cour des comptes, qui épingle, encore et encore, des thuriféraires de son régime. Ce qui ne sera pas sans impact sur la « décision » qu’il prendra au sujet de sa propre succession.

Les lampions se préparent à s’éteindre sur la tournée « économique » que le président de la République effectue, depuis lundi dernier, dans la région de Tambacounda. Il en reviendra, très certainement, avec les sentiments d’avoir réalisé dans cette partie orientale du Sénégal des infrastructures au profit des populations, de leurs biens et pour leur sécurité et mobilité.

Un « bilan » que pourrait quand même faire oublier le « concert de casseroles » que lui prépare ce 31 décembre son opposition, si radicale jusqu’à le défier un jour aussi solennel. Car, le boucan démarrera juste à l’heure pile où il va s’acquitter du traditionnel message à la Nation.

Et outre les sons aigus des ustensiles de cuisine et ceux glaçants de klaxons, qu’invite à rajouter à la cacophonie Abdoul Mbaye qui fut son premier chef de Gouvernement, les motivations du brouhaha en vue soulèvent déjà l’ire des Sénégalais, qu’il avait obligé au confinement pendant de longs et stressants mois. Car si des milliards avaient été dégagés en riposte à la pandémie du coronavirus et pour la survie des populations la manne financière, pompée sur le contribuable sénégalais et majoritairement réunie sous forme de prêts, a fait l’objet de détournements. On ne parle plus que deçà, au-delà même de nos frontières. La Cour des comptes lui a livré à ce sujet un rapport qui accable et enfonce d’aucuns de ses ministres et directeurs d’hier, autant que ceux actuellement dans son entourage.

Un autre, pour ne pas dire énième, parfum de scandale qui s’estompera difficilement, puisqu’il a été opéré là où vomissent la raison et la morale : un contexte d’angoisse de survie généralisé et de décès en séries.

L’opposition réunie dans la coalition Yewwi askan wi a ainsi comme entre les mains une arme redoutable contre Macky Sall et son régime ceci, encore, parce que même les institutions financières et les organismes internationaux sont ulcérés par ces détournements immoraux et à coups de milliards, dans un pays dont le régime clame l’émergence. Trouver, tout au plus, des boucs émissaires suffira-t-il a faire tasser, à plus forte raison oublier cette sale affaire suffira-t-il le scandale de « l‘année » ?

La question se pose, puisque ce dossier surgit à près d’un an de la prochaine élection présidentielle. Ainsi le Président Sall devra faire preuve de maestria politique et de sacrifices pour espérer se donner des chances à ce scrutin, s’il franchit le rubicond pour aller à la conquête d’une 3ème magistrature. La faute à son « coude » et la cupidité de son entourage, qui dotent ainsi Ousmane Sono et Cie d’une arme très redoutable et à répétition.

Le Mandat

Oumou Khaïry NDIAYE
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