La fête internationale du 1er Mai 2024 se tient au Sénégal «dans un contexte marqué par l’avènement d’une nouvelle alternance démocratique largement soutenue par une majorité populaire dont les aspirations de changements pour plus de travail, de pain et de libertés n’ont jamais été autant affirmées que par le passé».
Tel est le constat fait, hier, par la coalition des travailleurs de l’énergie SYNTES-SUDETEN. Dans son manifeste du 1er 2024, elle souligne qu’en tant qu’organisation démocratique des travailleurs qui défend les valeurs d’indépendance et de souveraineté sur nos ressources naturelles et énergétiques, «nous espérons que ces principes se reflètent dans les décisions et orientations politiques des nouvelles autorités».
Pour ces travailleurs, les espoirs sont d’autant plus légitimes qu’ils n’ont pas attendu l’avènement de ce nouveau pouvoir «pour clamer leur attachement aux principes et valeurs d’indépendance et de souveraineté nationales».
«Déjà dans notre manifeste du 1er mai 2019, nous exprimions nos préoccupations sur les menaces de la souveraineté énergétique du Sénégal face aux réformes envisagées sur la Senelec», souligne la coalition SYNTES-SUDETEN.
«Au niveau de l’entreprise, malgré une embellie notée dans la gestion avec des résultats bénéficiaires affichés ces dernières années, la santé économique et financière de la société en termes de solidité et de solvabilité est plutôt sujette à caution. Nous demeurons sceptiques sur la performance de la société», ajoute-t-elle.
Depuis quelques années, ces travailleurs de l’énergie disent assister, avec la politique de libéralisation du secteur entreprise par les autorités gouvernementales sur injonction des bailleurs de fonds, «à une mise à mort de la Production autonome de Senelec par l’extinction de ses centrales électriques».
C’est ainsi que, selon eux, il est «privilégié les producteurs privés indépendants (IPP) qui contrôlent majoritairement l’activité de production d’électricité à la Senelec avec des contrats leur assurant des profits certains à moindre risque et le recours aux locations onéreuses de capacités pour assurer la demande du courant avec Karpower (de 120 MW en 2019 avec l’arrêt de la centrale Sendou à 335 MW en 2023), dû essentiellement aux mesures conjoncturelles et circonstancielles prises au détriment des mesures structurelles, comme les projets de modernisation des centrales propriétés de Senelec ainsi que les projets EPC qui accusent par ailleurs des retards inexpliqués».
Pour la coalition SYNTES-SUDETEN, tout ceci pousse à dire que «les projets de privatisation de la Senelec entrepris par les différents gouvernements successifs sont en train d’être exécutés à partir de la fonction production». Elle estime que la filialisation qui n’est que l’étape ultime avant l’ouverture du capital aux privés devrait donner plus de visibilité sur les segments les plus rentables de la société leur permettant de placer leurs capitaux avec moins de risques.
En outre, elle trouve que la question de la privatisation se pose présentement quant à sa pertinence et son utilité, d’abord parce que «malgré les difficultés sur les finances, la société reste bénéficiaire et peut s’en sortir avec un meilleur management».
Ensuite, poursuit-elle, avec les découvertes et l’exploitation du pétrole et du gaz combinées aux énergies renouvelables, «la Senelec va emprunter un sentier d’expansion certain qui devrait lui permettre de réduire ses coûts de revient et offrir une parfaite disponibilité de l’énergie au moindre coût à toute sa clientèle».
Enfin, ajoute-t-elle, le Sénégal devrait tirer les leçons qui s’imposent en se référant aux conséquences de la guerre Russo – ukrainienne qui, selon elle, font comprendre que la souveraineté énergétique «est devenue un enjeu et un impératif géostratégique qui alertent nos décideurs sur la nécessité de protéger jalousement nos ressources naturelles et énergétiques».
La coalition des travailleurs de l’énergie rappelle que c’est fort de ces constats, entre autres, que dans sa déclaration du 05 octobre 2021, elle s’était démarquée totalement du projet de filialisation qu’elle dénonçait, sans équivoque, et plaide depuis pour une «grande Senelec dont l’intégrité et la souveraineté seraient préservées».
Vox Populi