En Somalie, la nouvelle loi sur les médias est très critiquée. Jugé liberticide par la presse locale, le texte ne correspond pas aux standards internationaux, selon la Fédération internationale des journalistes. Pourtant du côté des autorités sa ratification est historique.
En Somalie, la presse locale n’en finit pas de se plaindre. Le 26 aout dernier, Mohamed Abdullahi Mohamed, le président de la République, a ratifié la loi nationale sur les médias, adoptée par le parlement en janvier et juillet. Le texte a provoqué une véritable levée de boucliers depuis ses premières publications à cause de nombreux articles liberticides pour les hommes des médias.
Par exemple, en plus de criminaliser les informations jugées par les autorités comme fausses, le texte se montre très intrusif en allant jusqu’à demander aux organes de presse à fournir des informations très détaillées sur leurs sources de revenus, mais également sur les vies privées de leurs promoteurs.
Pour Abdalle Ahmed Mumin, secrétaire général du syndicat des journalistes somaliens, dans des propos repris par RFI, le nouveau cadre réglementaire est un « affront à la liberté d’expression, une législation qui va censurer et menacer les médias ». Le texte a même fait réagir la Fédération internationale des journalistes qui le juge inadéquat aux standards internationaux.
Pourtant, les autorités somaliennes ne semblent pas dérangées par le tollé provoqué par la nouvelle loi. Selon Mohamed Abdi Hayir, le ministre de l’Information assure que l’adoption de ce texte est un « moment historique ».
Ecofin