Trois semaines après avoir quitté le village de Bassoul, une pirogue transportant environ 150 personnes a été retrouvée à El Hierro, aux îles Canaries. La nouvelle de ce sauvetage s’accompagne malheureusement d’un lourd bilan humain : 19 personnes ont péri durant cette traversée périlleuse, ajoutant une tragique dimension à la crise des migrations clandestines qui touche la région.
Cette tragédie a suscité la réaction de Boubacar Seye, président de l’ONG Horizon Sans Frontières (HSF), qui lance un appel pressant aux responsables politiques : « J’invite les politiques à mettre cette problématique au cœur de la campagne électorale. » Ce drame vient rappeler les dangers extrêmes auxquels sont confrontés les candidats à l’exil, mais aussi l’urgence d’agir face à ce phénomène en croissance.
Avant ce sauvetage, Horizon Sans Frontières avait déjà alerté l’opinion publique sur le sort de cette embarcation disparue. Il y a deux jours, l’organisation relayait le message de Fatou Ndong, une proche des passagers, soulignant la détresse des familles restées à Bassoul. Selon Mme Ndong, « ils sont au moins 150 personnes, dont 8 femmes et 4 mineurs, à bord d’une pirogue partie de Bassoul vers les îles Canaries. » Cet appel à l’aide, imprégné de désespoir, traduisait l’inquiétude grandissante autour de ce départ non contrôlé.
Alors que les familles endeuillées font face à la douleur de la perte, les acteurs de la société civile continuent d’exhorter les autorités à intensifier les efforts de sensibilisation et de prévention, afin de dissuader ces départs risqués. Dans un contexte où les migrations clandestines vers l’Europe se multiplient, ce drame de Bassoul souligne une fois de plus l’ampleur du défi humanitaire auquel le Sénégal et ses partenaires doivent faire face.