Une gestion migratoire jugée indigne : ADHA appelle à une action conforme aux droits humains

Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA) exprime sa vive indignation face aux conditions d’accueil réservées aux 33 ressortissants sénégalais récemment rapatriés du Niger. Si leur retour représente une avancée sur le plan humanitaire, le traitement qui leur a été réservé à leur arrivée suscite de graves inquiétudes quant au respect de leur dignité et aux obligations légales de l’État sénégalais.

 

Des Conditions D’accueil Indignes Et Inhumaines

Après des mois de souffrances en Algérie et dans les camps d’Assamaka, d’Arlit et d’Agadez, ces compatriotes ont été logés à Dakar dans un lieu inapproprié, incompatible avec les exigences de décence et de respect des droits humains. À cela s’ajoute l’absence totale d’une assistance psychologique et médicale, pourtant essentielle pour des personnes ayant subi des traumatismes d’une telle gravité.

 

Un Manque De Préparation Alarmant

ADHA déplore l’improvisation flagrante dans la prise en charge de ces rapatriés, comme en témoigne le rendez-vous fixé par les autorités le lendemain dans le même lieu inadéquat. Cette gestion désorganisée reflète une violation des droits fondamentaux de ces migrants, en contradiction avec les engagements juridiques et éthiques de l’État sénégalais.

 

Une crise humanitaire toujours présente

Alors que ces 33 Sénégalais ont pu regagner leur pays, 48 autres demeurent bloqués dans des conditions alarmantes au Niger, notamment dans les camps d’Arlit et d’Assamaka. Leur rapatriement reste une urgence humanitaire qui exige une action immédiate et respectueuse des principes des droits humains.

 

Recommandations urgentes

 

ADHA exhorte l’État sénégalais et les organisations partenaires à :

 

  1. Revoir immédiatement les conditions d’accueil des rapatriés, en leur garantissant un hébergement digne et adapté.
  2. Mettre en place une assistance psychologique, médicale et alimentaire, en réponse aux besoins spécifiques de ces migrants vulnérables.
  3. Adopter une stratégie pérenne, basée sur la dignité humaine et le respect des droits fondamentaux, pour éviter la récurrence de telles situations.
  4. Rapatrier sans délai les 48 Sénégalais restants, avec un dispositif d’accueil conforme aux standards internationaux en matière de droits humains.

 

ADHA rappelle que ces migrants, victimes de souffrances incommensurables, méritent une prise en charge empreinte de respect, de solidarité et d’humanité. ADHA réaffirmeson engagement indéfectible pour la défense de leurs droits.

 

Fait  à Dakar, le 5 février 2025

Le Bureau Exécutif de l’Action pour les Droits Humains et l’Amitié (ADHA).

Momar Diack SECK
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