Dans une de ses publications parues hier, votre site www.lactuacho.com avait partagé une alerte de Transparency International annonçant que le Venezuela se prépare à l’élection présidentielle de dimanche prochain, qui s’annonce très différente des précédentes. « Pour la première fois depuis des années, l’opposition mène dans les sondages avec 25 à 30 points d’avance . Il existe donc un risque réel de voir le président Nicolás Maduro perdre le pouvoir, ce qui semblait presque impensable il n’y a pas si longtemps » Avait-elle souligné..
Le président sortant réélu avec 51,20 % des voix, des réactions négatives fusent de partout
A l’arrivée, le président vénézuélien Nicolas Maduro a remporté l’élection présidentielle du 28 juillet avec 51,20 % des voix, selon la commission électorale. Toutefois, selon RFI, l’opposition conteste ces résultats, accusant le gouvernement de fraudes et affirmant que leur candidat, Edmundo Gonzalez Urrutia, a obtenu 70 % des voix. Les tensions étaient palpables dans le pays, avec des accusations de fraude et des confrontations entre les partisans des deux camps.
Et plus largement, la communauté internationale, notamment les États-Unis, le Chili, et l’Union européenne, a exprimé des doutes et des critiques quant à la transparence et l’exactitude des résultats électoraux.
Après l’annonce des résultats par la commission électorale, l’opposition vénézuélienne a immédiatement contesté la victoire de Nicolas Maduro, affirmant que leur candidat, Edmundo Gonzalez Urrutia, avait en réalité obtenu 70 % des suffrages. Maria Corina Machado, cheffe de l’opposition, a déclaré que tous les procès-verbaux recueillis par leurs observateurs montraient une nette victoire d’Urrutia.
Elle a accusé le Conseil national électoral de ne pas transmettre les résultats de certains centres de vote et d’empêcher les témoins de l’opposition d’accéder aux procès-verbaux. Machado a également lancé un appel aux forces armées pour qu’elles respectent la souveraineté populaire et a demandé aux assesseurs de bureaux de vote de surveiller le dépouillement.
Edmundo Gonzalez Urrutia, le candidat de l’opposition, a dénoncé des violations des règles électorales et a rejeté les résultats annoncés par le gouvernement. Il a insisté sur la nécessité de continuer à lutter pacifiquement pour la vérité et la justice, sans appeler à des manifestations de masse.
Réaction des observateurs internationaux :
Les réactions internationales ont été majoritairement critiques et sceptiques quant à la transparence et l’exactitude des résultats électoraux.
États-Unis : Le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, a exprimé de « sérieux doutes » quant aux résultats, craignant qu’ils ne reflètent pas la volonté du peuple vénézuélien.
Chili : Le président chilien, Gabriel Boric, a jugé les résultats « difficiles à croire » et a affirmé que son pays ne reconnaîtrait aucun résultat non vérifiable.
Costa Rica : Le président Rodrigo Chaves a rejeté catégoriquement la proclamation de la victoire de Maduro, qualifiant le processus de frauduleux, et a annoncé travailler avec d’autres gouvernements démocratiques pour faire respecter la volonté du peuple vénézuélien.
Pérou : Le ministre des Affaires étrangères Javier Gonzalez-Olaechea a rappelé pour consultations l’ambassadeur péruvien au Venezuela, exprimant des « doutes sérieux » sur les résultats officiels.
Colombie : Le ministre des Affaires étrangères, Luis Gilberto Murillo, a demandé un décompte total et vérifiable des voix, appelant à un audit indépendant pour dissiper les doutes.
Union européenne : Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’UE, a insisté sur la nécessité d’une transparence totale dans le processus électoral, demandant un décompte détaillé des voix et l’accès aux procès-verbaux des bureaux de vote.
Italie : Antonio Tajani, chef de la diplomatie italienne, a exprimé des « motifs de perplexité » sur le déroulement des élections et a demandé l’accès aux documents pour vérifier les résultats.
Espagne : Le ministre des Affaires étrangères Jose Manuel Albares a appelé à garantir une transparence totale dans le décompte des voix.
Royaume-Uni : David Lammy, ministre des Affaires étrangères, a exprimé des préoccupations concernant les « allégations de graves irrégularités » et a demandé la publication rapide et transparente des résultats complets et détaillés.
Ces réactions montrent une préoccupation internationale significative quant à la légitimité des résultats annoncés et soulignent l’importance d’une transparence électorale pour garantir la confiance dans le processus démocratique.
Avec RFI